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Caramentran en ProvenceCaramentran en Provence

CARAMENTRAN – CARNAVAL EN PROVENCE

Le carnaval était une des fêtes les plus populaires en Provence.

Pendant la durée du carnaval, toute la jeunesse s’en donnait à cœur joie, le but étant de rire, de s’amuser, ce qui était source de débordements. Vêtus de hardes ou de vêtements féminins, les jeunes gens, le visage grimé ou masqué, parcouraient les rues en folles farandoles. Tous les excès étaient permis : à certains endroits, la jeunesse se rassemblait et chantait les mésaventures d’un mari cocu devant les maisons de ces derniers (ou supposés l’être).

Une mauvaise plaisanterie consistait aussi à préparer la " tardoule " (jarron dans lequel baignait un résidu d’huile auquel on ajoutait de la suie et des plumes !) et à la jeter dans la maison d’une malheureuse victime.

Une autre plaisanterie qui était assez courante est celle racontée par L. M. BLANC dans son livre, La vie à Allauch à la fin du XIXe siècle, p.31 : "un soir, rue des Michels, alors que le boulanger était encore au premier étage de son four, deux jeunes farceurs se postant sous sa fenêtre l’appelèrent ; ils tenaient en main "la sinso" ou "le patarassoun", ce chiffon lié à l’extrémité d’une longue canne et servant au nettoyage sommaire du four. Comme d’habitude alors, l’ustensile trempait dans le ruisseau et quand le boulanger parut à la fenêtre, il fut gratifié d’un barbouillage du peu ragoûtant instrument".

Cette ambiance festive et cette exubérance, bien que mal vue de la part des autorités civiles et religieuses, était néanmoins tolérée. Naturellement, le carnaval donnait lieu à l’exécution de nombreuses danses telles que celle des "fielouso" (quenouilles) : des jeunes gens revêtus d’habits féminins et tenant dans leur main une quenouille défilaient dans les rues la nuit et exécutaient la danse, entrecoupée de couplets sous l’œil espiègle de l’arlequin qui haranguait la foule.

La danse des folies d’Espagne était aussi très prisée des Provençaux : au milieu d’un cercle de danseurs armés d’un sabre, un jeune homme "mimait des déclarations d’amour à une jeune fille qui repoussait ses avances. Désespéré, il la poignardait et elle tombait à terre. La danse continuait et elle revenait peu à peu à la vie pour pardonner l’amoureux".

Pour le jour des cendres, on formait un cortège et tout en quêtant de maison en maison des victuailles (œufs, farines, etc.), la foule promenait Caramentran. Ce bonhomme, Caramentran (Carême entrant) était un mannequin grotesque souvent à l’image d’un personnage connu. On rejetait sur ce pantin de paille tous les malheurs de l’année écoulée et les Provençaux lui faisaient son procès devant un tribunal. En attendant sa comparution, on faisait durer son supplice en le promenant à travers le village, afin que tout le monde puisse contempler le responsable des maux de l’hiver.

Ce cortège donnait lieu à toute sorte de réjouissances, grâce notamment à la danse des Boufets (danse des soufflets) : munis d’un soufflet et vêtus de chemises de femmes, de bonnets de coton, portant des grelots aux bras, les danseurs arrivaient en deux files sur la place. Les joues enfarinées, ils faisaient une marche claudicante et chantaient des couplets grivois :

Sian uno bando de bravo jouventuro

Avèn un grand fue que nous brulo

Se sian imagina pèr se lou fa passa

De prendre dei boufet au cuou se fa boufa

Au cuou se fa boufa au cuou se fa boufa

Nous sommes une troupe de joyeux jouvenceaux

Nous avons un grand feu qui nous brûle

Nous avons imaginé pour se le faire passer

De prendre des soufflets et se souffler au cul

Et se souffler au cul et se souffler au cul

A la fin du couplet, ils approchaient le soufflet du postérieur du camarade précédent et soufflaient dessus. Puis venait le moment du jugement. Attaché, le mannequin se voyait entouré du cercle chahuteur et menaçant des jeunes du village. Chacun à son tour s’avançait et témoignait contre l’homme de paille.

Caramentran avait évidemment droit à un avocat, mais l’art oratoire de ce dernier ne valait rien : Caramentran était déjà condamné. Alors l’accusateur public prononçait la sentence de mort. Généralement, Caramentran était noyé ou brûlé sur un bûcher. Et pendant cela s’élevait la chanson d’adieu à Carnaval, "Adiéu paure carnava", marquant ainsi la mort de l’hiver.



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