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La Gloire de mon père - Le Château de ma mèreLa Gloire de mon père - Le Château de ma mère

LA GLOIRE DE MON PERE

LE CHATEAU DE MA MERE

Résumé :

"Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers." Ainsi commence l’autobiographie de Marcel Pagnol, immortel auteur de La Trilogie marseillaise, La Femme du boulanger, entre autres savoureuses histoires à l’accent chantant.

On découvre ici l’enfance du jeune Marcel et sa découverte des collines enchantées des environs de Marseille. La famille Pagnol loue pour les vacances une bastide près d’un petit village. Le père de Marcel s’initie à la chasse et sera l’auteur d’un coup de fusil magistral qui lui vaudra l’admiration de tous, à commencer par celle de son fils, et qui donne son titre au livre.

Ce premier tome est suivi de deux autres, Le Château de ma mère et Le Temps des secrets. L’incroyable mémoire et le talent de conteur de l’auteur restituent merveilleusement les joies simples, les chagrins énormes, la délicieuse naïveté de l’enfance, sans omettre les tours pendables et bêtises en tous genres qui la ponctuent nécessairement. Une histoire vraie belle comme un roman, bourrée de tendresse et d’émotion, pleine de drôlerie aussi. On lit, on relit, on s’y reconnaît. À travers la sienne, Marcel Pagnol raconte toutes les enfances... du moins telles qu’elles devraient être.

Extrait :

La gloire de mon père :

Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers.

Garlaban, c’est une énorme tour de roches bleues, plantée au bord du Plan de l’Aigle, cet immense plateau rocheux qui domine la verte vallée de l’Huveaune.

La tour est un peu plus large que haute : mais comme elle sort du rocher à six cents mètres d’altitude, elle monte très haut dans le ciel de Provence, et parfois un nuage blanc du mois de juillet vient s’y reposer un moment.

Ce n’est donc pas une montagne, mais ce n’est plus une colline : c’est Garlaban, où les guetteurs de Marius, quand ils virent, au fond de la nuit, briller un feu sur Sainte-Victoire, allumèrent un bûcher de broussailles : cet oiseau rouge, dans la nuit de juin, vola de colline en colline, et se posant enfin sur la roche du Capitole, apprit à Rome que ses légions des Gaules venaient d’égorger, dans la plaine d’Aix, les cent mille barbares de Teutobochus.

Mon père était le cinquième enfant d’un tailleur de pierres de Valréas, prés d’Orange.

La famille y était établie depuis plusieurs siècles. D’où venaient-ils ? Sans doute d’Espagne, car j’ai retrouvé, dans les archives de la mairie, des Lespagnol, puis des Spagnol.

De plus, ils étaient armuriers de père en fils, et trempaient des épées dans les eaux de l’Ouvèze : occupation, comme chacun sait, noblement espagnole.

Cependant, parce que la nécessité du courage a toujours été inversement proportionnelle à la distance qui sépare les combattants, les tromblons et les pistolets remplacèrent bientôt les espadons et les colichemardes : c’est alors que mes aïeux se firent artificiers, c’est-à-dire qu’ils fabriquèrent de la poudre, des cartouches et des fusées.

L’un d’eux, un arrière-grand-oncle, sortit un jour de sa boutique à travers une fenêtre fermée, dans une apothéose d’étincelles, entouré de soleils tournoyants, sur une gerbe de chandelles romaines.

Il n’en mourut pas, mais sur sa joue gauche, la barbe ne repoussa plus. C’est pourquoi, jusqu’à la fin de sa vie, on l’appela "Lou Rousti", c’est-à-dire Le Rôti.



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